La toxine botulique en médecine esthétique : ce qu'il faut savoir

La toxine botulique en médecine esthétique : ce qu'il faut savoir

Date de publication: 18-08-2022

Mise à jour le: 23-11-2022

Sujet: Dermatologie

Temps de lecture estimé: 1 min

Qu'est-ce que la toxine botulique et comment fonctionne-t-elle ? Quelles sont ses utilisations en médecine esthétique et les faux mythes liés à certaines périodes de l'année. Nous analysons son utilisation, ses contre-indications et ses effets secondaires avec le Dr Dino Zilio, chef de l'unité chirurgicale de chirurgie plastique et du centre de médecine et de chirurgie esthétiques de l'IRCCS Policlinico San Donato.

Qu'est-ce que la toxine botulique et comment fonctionne-t-elle ?

La toxine botulique est une neurotoxine qui agit au niveau des terminaisons nerveuses, qui innervent les muscles. Principalement connu pour son utilisation en médecine esthétique sous le nom de botox, il peut être utilisé dans divers domaines et il en existe plusieurs types.

Administré par injection, il crée une immobilisation partielle momentanée. Il s'agit d'une manifestation clinique caractéristique du botulisme : la toxine botulique ne bloque les muscles qu'aux sites d'inoculation, établis sur la base de schémas spécifiques et bien programmés, tandis qu'aux sites de non-inoculation, il existe une compensation contractile des muscles non soumis au traitement.

La toxine botulique en médecine esthétique : à quoi sert-elle ?

La toxine botulique utilisée dans les traitements de médecine esthétique est une toxine de type A, généralement utilisée dans la région frontо-glabellaire, c'est-à-dire entre les sourcils, et sur la surface frontale-périoculaire, dans la zone autour des yeux. Il est utilisé pour lisser :

  • les rides d'expression ;
  • les plis léonins intercalés entre les sourcils ;
  • les rides frontales subtalaires ;
  • les pattes d'oie.

La toxine botulique permet également d'obtenir un effet de lifting de la queue du sourcil : c'est-à-dire que la queue du sourcil peut être relevée selon le souhait du patient et ainsi élargir les yeux, sans avoir recours à une opération d'ablation telle que la blépharoplastie, sans toutefois la remplacer.

Et c'est précisément l'idée qui sous-tend l'utilisation de la toxine botulique : réaliser un traitement qui maintient et préserve le naturel de la personne. Il ne faut pas créer des regards trop accentués, ni provoquer une immobilisation trop importante, qui empêcherait inévitablement le patient d'avoir une mimesis naturelle et spontanée lors de la socialisation. Un bon spécialiste est capable de sauvegarder le dynamisme de l'expressivité du tiers supérieur du visage, c'est-à-dire le regard et le front.

Comment se déroule le traitement et combien de temps dure-t-il ?

Le traitement s'effectue rapidement, en 5 minutes seulement : après avoir dilué le produit avec du sérum physiologique, à usage parentéral, et désinfecté la zone à traiter, le spécialiste réalise de petites ponctions avec une aiguille très fine. Certains patients peuvent ressentir une légère sensation de brûlure, tandis que les hématomes et les ecchymoses sont rares : une protection solaire est utilisée si le patient s'expose au soleil.

Combien de temps la toxine botulique agit-elle ?

L'efficacité de la toxine botulique n'est pas immédiate : en moyenne, les premiers effets se font sentir après environ 1 semaine. Une phase de stabilisation, c'est-à-dire une phase d'activité, est suivie d'un plateau (stabilisation) vers 3 à 4 mois, après quoi l'efficacité de la toxine commence à s'estomper.

Vers le 4e/5e mois, le patient commence à constater une récupération de la motilité au niveau du site de traitement, et vers le 6e mois, il connaît une restitutio ad integrum. C'est-à-dire que le patient revient à son état antérieur au traitement.

Contre-indications

Il existe une contre-indication absolue à l'utilisation de la toxine botulique chez les patients présentant :

  • les neuropathies ;
  • les dystrophies musculaires.

Effets indésirables : comment prévenir les migrations et résoudre les asymétries ?

Quelles sont les attitudes à éviter ? Pendant le traitement, il est bon que le médecin explique au patient certaines précautions à prendre pour que la toxine administrée agisse sans effets indésirables tels que la migration ou la création d'asymétries.

Dans les premiers jours qui suivent le traitement, afin d'éviter la migration de la toxine, c'est-à-dire son déplacement par action mécanique du site d'inoculation vers d'autres parties du visage, il est nécessaire, lors de l'application de maquillage ou de crèmes, d'effectuer des mouvements qui, partant de l'œil, se dirigent vers l'extérieur du visage, en direction des cheveux et des oreilles.

La toxine botulique migrée pourrait, en effet, provoquer un ptosis de la paupière, c'est-à-dire une chute de la paupière, qui peut se résoudre spontanément mais qui est gênante.

Un deuxième type de migration à éviter est celui par positionnement, c'est pourquoi il est demandé au patient de ne pas trop baisser la tête et, en général, d'éviter les efforts physiques importants dans les deux premiers jours suivant le traitement.

Les asymétries sont rares : si elles se produisent, par exemple au niveau des sourcils, elles peuvent être corrigées en 1 semaine/10 jours, avec une seule inoculation si nécessaire, afin de rééquilibrer les 2 hémisomes.

Le faux mythe de la toxine botulique en été

Que peut-on dire, enfin, de l'utilisation de la toxine botulique en été ? "Avec des soins appropriés immédiatement après l'administration du médicament, le patient n'a aucune contre-indication", affirme le Dr Zilio, "C'est un traitement qui peut être effectué à n'importe quel moment de l'année et qui n'est certainement pas dangereux s'il est effectué en été : les demandes des patients ne diminuent pas avec l'arrivée de la saison chaude et, de toute façon, il est toujours bon de se protéger avec une bonne crème solaire". L'interdiction absolue de l'exposition au soleil est, en fait, un faux mythe", conclut le médecin.

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